Le cadre de l’affichage environnemental des produits de consommation se dessine progressivement aux niveaux français et européen. Un premier élément qui permet d’envisager sa mise en œuvre sur les produits de consommations issus de l’agriculture est l’existence de la base de données nationale Agribalyse (gérée par l’ADEME) : elle fournit des données d’inventaires de Cycle de Vie et d’impacts de produits agricoles au portail de la ferme et de produits de consommation rendus consommateurs. L’IFIP a contribué à sa constitution concernant les produits porcins.
En parallèle à la dynamique d’affichage, des démarches d’écoconception de filières se mettent en place. Elles consistent à faire un état de la situation en utilisant l’outil d’évaluation environnementale Geep proposé par l’IFIP, à identifier les points faibles et à mettre en place des voies de progrès. Plusieurs filières porcines régionales tentent l’exercice : la filière porcine d’Auvergne Rhône-Alpes, les filières IGP porc du Sud-Ouest et Jambon de Bayonne, la filière de la saucisse Morteau.
Principaux postes responsables des impacts environnementaux
Au portail de la ferme, les états des lieux confirment la prédominance de deux postes pour expliquer les impacts : la production des aliments du bétail et la gestion de effluents.
A l’échelle des produits de consommation, l’étape agricole est la plus impactante pour la majeure partie des impacts, sauf pour les consommations d’énergie non renouvelables où ce sont les emballages.
Des variations d’impacts entre types d’élevage
Trois types d’élevage porcins ont été distingués dans le cadre du projet de la filière Auvergne Rhône Alpes : les élevages conventionnels > 1000 animaux équivalents (AEQ) (G1), les élevages conventionnels < 1000 animaux équivalents (G2) et les élevages diversifiés (en production biologique et/ou avec du plein air et/ou avec ventre directe à la ferme) (G3).
Des performances environnementales s’avèrent liées aux performances techniques des animaux et sont meilleures dans les élevages conventionnels > 1000 AEQ : c’est le cas des excrétions azotées et des émissions d’ammoniac associées par exemple. D’autres performances sont davantage liées au type de bâtiment comme les consommations d’énergie. Ces dernières sont plus réduites dans les élevages diversifiés majoritairement en ventilation statique.
Des pistes d’écoconception
Les pistes d’écoconception travaillées cherchent en priorité à réduire les impacts changement climatique, acidification et consommations d’énergie non renouvelable. Elles concernent les leviers suivants :
- Choix des matières premières en alimentation animale avec réduction de l’utilisation de tourteau de soja importé du Brésil.
- Modalités de gestion des effluents avec évacuation fréquente des effluents et utilisation de ces derniers en méthanisation passive à la ferme.
- Utilisation d’équipement pour réduire les consommations d’énergie en élevage (niche à porcelets, ventilateurs économes).
- Production et utilisation d’énergie renouvelable sur l’élevage avec notamment les panneaux solaires photovoltaïques.
Les pistes d’écoconception seront intégrées dans un outil d’aide à la décision pour les filières porcines régionales.
Pour en savoir plus : télécharger la brochure ‘ Performance environnementale de la filière porcine d’Auvergne-Rhône-Alpes’ Résultats du programme de recherche APPAURA et perspectives, 28p, 2022 : lien