Evolution de la production
Il est évident que, depuis début 2000 jusqu’à aujourd’hui, les conditions d’élevage des porcelets ont subi des changements substantiels sur différents aspects.
Les progrès génétiques chez les truies qualifiées d’hyperprolifiques concernent des naissances avec des moyennes supérieures à 14 porcelets vivants. De cette manière, on se trouve avec un nombre d’animaux plus important au sevrage, qui ont de grandes différences de poids entre eux et qui, à de multiples occasions, sont logés dans des cases qui ont été calculées pour une production faite il y a plus de 10 ans.
Comme on peut le voir sur le tableau 1, l’augmentation de la prolificité et la moyenne des sevrés s’est accélérée sur les dernières années.
Tableau 1 : Nombre de porcelets nés et sevrés par portée à différentes périodes. Source : BDporc
Augmentation de : | 2010-1s 2015 | 2005-2010 | 2000-2005 |
Nés totaux | +1,36 | +0,89 | +0,54 |
Moyenne de sevrés | +1,04 | +0,75 | +0,36 |
Il faut prendre en considération que, non seulement on compte avec la même superficie par animal mais la superficie des nourrisseurs est aussi la même que celle avec laquelle on comptait quand la prolificité était plus faible, c’est pourquoi on va avoir clairement un problème en plus en quantité de surface de nourrisseur par porcelet logé et une plus grande difficulté à leur accès de la part de tous les animaux du lot de porcelets sevrés.
Il convient d’ajouter que cette augmentation de production s’est produite dans un contexte de mortalité post-sevrage très stable (graphique 1), c’est pourquoi on parle d’une diminution de l’espace par porcelet d’environ de 10%.
La diminution de l’espace, qui affecte la densité et l’accès à la mangeoire, est un facteur limitant structurel dans les élevages qui freine le développement et la croissance des porcelets, en nuisant, dans le cas de la nutrition, au potentiel avec lequel on a formulé les aliments.
Une autre conséquence immédiate dans ces conditions, c’est la dispersion et l’inégalité des animaux en fin de PS, ce qui implique une perte de performance sur la phase suivante d’engraissement avec un allongement su séjour, une rotation de places plus faible en fin d’année, des pénalisations à l’abattoir, etc. …
Espace par animal au sevrage. Salles décloisonnées
Ainsi, dans les sevrages, on compte avec une plus petite superficie réelle par porcelet sevré, ce qui augmente les problèmes de la hiérarchisation et les zones de repos, le zone d’alimentation et la zone sale sont altérées et s’entremêlent, en diminuant le confort particulièrement chez les moins favorisés.
S’il n’y a pas de zones de repos/d’alimentation bien définies, les porcelets les plus forts se reposent près des mangeoires, empêchant que plus petits puissent y accéder facilement. Si on veut réorganiser ensuite ces porcelets qui vont rester en arrière, on a plus de problèmes de hiérarchisation, parfois pires que les premiers.
Il y a des études (Donadeu, 2011) dans lesquelles on a déterminé que dans les grands espaces, le comportement productif des porcelets est meilleur si on priorise l’espace par porcelet sur l’espace du nourrisseur par porcelet.
Une solution peut être les salles décloisonnées, c’est-à-dire, maintenir le même nombre de mangeoires et d’abreuvoirs qu’en salle traditionnelle avec plusieurs zones, mais éliminer les divisions, en laissant un seul groupe dans le même espace. Selon nos expériences, l’augmentation de l’espace moyen pour les porcelets a été de 12%, avec un séjour de 6 semaines (20 kg de PV). Avec cette augmentation, on s’approche davantage de la norme de bien-être de 0,20 m²/animal que dans les conditions standard (tableau 2).
Tableau 2 : Variation de la densité et de l’accès au nourrisseur dans les salles décloisonnées par rapport aux salles traditionnelles. Source : Andrés Donadeu, 2011).
Densité (m2/porcelet) | Nourrisseur (cm/porcelet) | |||
Elevages | Salle en parcs | Salle décloisonnée | Salle en parcs | Salle décloisonnée |
A | 0,166 | 0,189 | 3,30 | 3,33 |
B | 0,227 | 0,258 | 6,18 | 6,17 |
C | 0,201 | 0,221 | 5,25 | 5,17 |
D | 0,186 | 0,204 | 4,13 | 4,11 |
moyenne | 0,195 | 0,218 | 4,715 | 4,695 |
Quand on travaille avec de grands lots de porcelets l’espace par porcelet augmente, les bagarres et les dommages occasionnés diminuent considérablement (tableau 3). Les traitements sont réalisés entre le premier et le second jour depuis l’entrée
Tableau 3 : Proportion d’animaux lésés dans les salles décloisonnées et dans les salles traditionnelles. Source : Andrés Donadeu, 2011
% animaux lésés | % animaux lésés | |||||
Elevages | Salle en parcs | Salle décloisonnée | Degrés de lésions | Salle en parcs | Salle décloisonnée | |
A | 76,1 | 29,8 | I | 21,4 | 13,1 | |
B | 83,2 | 14,8 | II | 19,2 | 3,7 | |
C | 69,3 | 20,5 | III | 29,7 | 2,2 | |
D | 78,9 | 18,2 | IV | 1,1 | 0,8 | |
E | 58,4 | 12,4 | Total | 71,4 | 19,8 | |
F | 62,6 | 23,1 | ||||
Moyennes | 71,4 | 19,8 |
Pourquoi ceci arrive-t-il ? On pourrait citer quelques facteurs :
- Identification entre les individus : très compliqué dans les groupes importants.
- De grandes zones qui permettent de s’échapper rapidement
- Il y a toujours de l’espace pour pouvoir accéder aux nourrisseurs et aux abreuvoirs.
- On peut voir clairement les zones d’alimentation, de repos et les zones sales : amélioration du confort.
Pour chaque salle décloisonnée, on compte avec un ou deux parc(s) pour des porcelets immatures qui nous permettent de mieux ajuster les aliments ainsi que les traitements spécifiques pour ces animaux.
Il est intéressant de souligner qu’en général le système de ventilation est amélioré puisque les porcelets sont capables de s’éloigner davantage des zones sales, en général, et d’autoréguler leur confort.
En général, les problèmes de regroupement postérieur dans les engraissements sont moins importants avec ce type de groupe qu’avec des porcelets issus de groupes plus petits